Moi, ce que j’aime le plus en ville, c’est mon voisin.
Attention, dit comme ça, ça parait un peu étrange pour quelqu’un qui n’est pas d’ici. Mais mon voisin, c’est plus qu’un voisin. Il est un peu de la famille désormais. Je crois qu’on peut le dire : mon voisin, c’est un proche.
Parce que je ne veux pas le mettre dans l’embarras (et parce que je ne sais pas quel est son nom), je le présenterai comme « mon sympa voisin de l’immeuble d’à coté » (MSVIAC).
On peut dire qu’on peut compter sur lui : il est toujours là ! Toujours parmi nous. C’est le plus fidèle d’entre tous. Il nous parle lorsqu’on est à table, il partage avec nous son émission de variété française lorsqu’on discute tranquillement dans le salon avec ma femme, il nous communique son désarroi et ses interrogations lorsqu’il s’engueule avec la sienne, il nous fait profiter du fumet de ses préparations culinaires variées (à base de graisses animales, de pommes de terre et de pates… ou bien à base de plats déjà préparés), il nous initie au bricolage le samedi matin ou aux secrets des sports d’équipes autour d’un ballon rond ou encore des courses équestres. Il invente même des jeux pour égayer nos journées, comme des jeux de piste dans les escaliers de l’immeuble en semant des petits indices sur les marches (mégots de cigarettes, crottes de son chien, papiers gras, poils de pubis ou encore capotes usagées). Mais, surtout, il pense toujours à nous accompagner gentiment dans notre sommeil avec de la musique des années 80.
Ah, MSVIAC. Que ferions nous si il n’était pas là. Et de si belles rencontres ne peuvent avoir lieu qu’en ville, bien évidemment, et nulle part ailleurs. Car il n’y a qu’en ville que l’on trouve des immeubles aux murs si fins et des appartements aux cloisons en papier cigarette.
Moi, je dis : Merci MSVIAC (mais si tu pouvais demander à ton chien d’arrêter de pisser sur notre paillasson… ça fait crever nos géraniums).
Erick
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